Sida: les gènes comptent

Sida: les gènes comptent

Des chercheurs de l’université de Genève et de l’université de Lausanne montrent que la résistance au VIH relève du bagage génétique individuel. Nous ne sommes pas égaux face au sida. En mettant au point une méthode qui contribue à déterminer la résistance individuelle à l’infection par le VIH, les équipes du prof. Stylianos Antonarakis de l’Université de Genève et des prof. Amalio Telenti et Jacques Beckmann de l’Université de Lausanne viennent de le confirmer. Le processus élaboré repose sur une découverte: certaines personnes bénéficient de variations génétiques qui diminuent le risque d’infection et influent sur l’évolution de la maladie. Ce phénomène a été constaté aussi bien in vitro qu’in vivo. La génétique ouvre ainsi sa voie dans la compréhension de graves maladies infectieuses.

Des généticiens et des microbiologistes de l’université de Genève  et de l’université de Lausanne sont parvenus, en collaboration avec des cliniciens du CHUV, à localiser l’endroit où interagissent, dans la carte génétique individuelle, le virus du sida et les défenses immunitaires. Pour les chercheurs, le fait de disposer d’un certain «variant génétique», c’est-à-dire d’une combinaison particulière de nucléotides -les composants de l’ADN- explique en partie les différences de vulnérabilité, patentes dans la population infectée par le VIH.

Une enquête in vitro

Le caractère génétique de la résistance au VIH a été constaté à l’issue de la première phase de ces travaux. Ainsi, l’étude de lignées de cellules mises en contact avec le virus a permis d’établir clairement que, faible ou forte, l’aptitude à résister au sida se transmet bien d’un individu à ses descendants. «C’est la première fois que des lignées cellulaires sont utilisées pour mesurer la portée des variants génétiques dans une maladie infectieuse» explique Samuel Deutsch, du Département de médecine  génétique et du développement de l’UNIGE. Puis, c’est une comparaison serrée des nucléotides -ces «lettres» qui se combinent pour former les «mots» que seraient les gènes-, qui a permis de cartographier le lieu même du variant, soit le siège des inégalités.

Prolongements in vivo

L’enquête in vitro a été poursuivie in vivo dans le cadre du suivi médical de huit cents personnes séropositives rattachées à la Swiss HIV Cohort Study. Les observations éffectuées au niveau cellulaire par les chercheurs, ont été vérifiées chez les individus infectés. Ainsi, la présence -ou l’absence- du variant influence notamment le temps que met l’infection à se manifester comme une maladie.

Les résultats de cette étude viennent de paraître en ligne dans la revue PLoS Biology. Fruit de l’alliance, peu courante, de compétences virologiques et génétiques, ils amorcent des pistes de travail inédites sur les maladies infectieuses.

Pour obtenir de plus amples informations, contactez le prof. Antonarakis au 022 379 57 08 ou à Stylianos.Antonarakis[at]medecine.unige.ch ou le prof. Amalio Telenti au 021 314 40 97 ou à Amalio.Telenti[at]chuv.ch

C. Wirth, Editor